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LE JOURNAL D'UNE BONNE " : UNE ŒUVRE D'UNE PORTEE SOCIALE
REMARQUABLE
Ce
que nous écrivons ici est notre opinion sur la célèbre œuvre
du jeune écrivain Dissimara BOUTORA-TAKPA. Aussi, s'avère-t-il
nécessaire de présenter brièvement la biobibliographie de
ce jeune écrivain qui, de par sa plume, se veut un écrivain
engagé. Cet engagement au sens satréen du terme nous permettra
d'aborder les autres sujets brûlants, après le trafic des
enfants dont il est essentiellement question dans l'œuvre.
A cela, nous n'oublierons pas de donner les différents résumés
du chapitre afin de permettre aux lecteurs d'apprécier notre
modeste document qui se veut un outil de travail pour les
apprenants ainsi que tous ceux qui aspirent à un monde plus
égalitaire, plus juste, où les valeurs humaines doivent
être scrupuleusement respectées. Il découle de là même,
du respect des valeurs démocratiques, socle de la promotion
des droits de l'homme.
I. BIOBIBLIOGRAPHIE
Nous
essayerons d'abord de présenter le jeune écrivain, pour
parler ensuite de sa bibliographie.
A.
Autobiographie
Monsieur Dissirama BOUTORA-TAKPA est né le 16 novembre 1973
à Pagouda et est de nationalité togolaise. Il est marié
et père d'un enfant. Il fit ses études primaires et secondaires
à Lomé, puis entra à la Faculté de Droit de l'Université
de Lomé. Mais le jeune écrivain renonça aux études juridiques
pour des raisons indépendantes de sa volonté. " Nos universités
Africaines sont pourries. Ce que l'on note, c'est la valeur
humaine et non les titres ", déclarait-il un jour à l'un
de ses confidents. Sans doute est-ce reproche qui a poussé
le jeune BOUTORA-TAKPA à prendre la plume ? L'avenir nous
le dira.
B.
Bibliographie
Le journal d'une bonne est sa première œuvre où l'auteur
rentre avec fracas dans le cercle des écrivains de la littérature
négro-africaine d'expression française ; autour du thème
" l'esclavage des enfants ", pour ainsi dire la vie des
enfants déshérités. Actuellement, il a dans son tiroir une
seconde œuvre intitulée " Au nom de la tradition " où l'auteur
aborde les mutilations sexuelles dans nos sociétés traditionnelles.
Nous espérons pour notre part que cette dernière œuvre répondra
encore aux attentes de ses fidèles lecteurs et ceux qui
jugent certaines de nos valeurs traditionnelles rétrogrades.
II. PRESENTATION DE L'ŒUVRE ET RESUME GENERAL
A.
Présentation de l'œuvre
L'œuvre parle des mutations de l'Afrique après les indépendances
; on pensait que l'esclavage était aboli. Mais certains
de nos frères nègres ont pris la sale habitude de ressusciter
ce vieux démon. Ce sont en particulier les femmes béninoises
et togolaises qui se livrent à ce commerce honteux. Le lecteur
du Journal d'une bonne sera animé de pitié et surtout de
révolte en scrutant la vie de l'héroïne Adjo. BOUTORA-TAKPA
n'est donc pas loin des écrivains comme Venance KONAN dans
les " Prisonniers de la haine " et d'Emile ZOLA dans " Germinal
". Véritable réquisitoire de nos sociétés africaines, l'œuvre
apporte sa modeste contribution et lance un appel pressant
à nos dirigeants africains, voire à nos princes de prendre
des mesures urgentes et adéquates pour la protection de
la vie des enfants déshérités car il est inconcevable d'ôter
la vie à autrui, quand on sait qu'elle est l'émanation de
Dieu le Tout Puissant. Il faut que nos princes veillent
au respect de la valeur humaine, de l'intégrité physique
et morale. La promotion des droits de l'homme et surtout
la protection des enfants déshérités si l'on comprend bien
BOUTORA-TAKPA, doivent être l'une des priorités de nos dirigeants
africains.
B.
Résumé général
Adjo
ou Agathe est une orpheline. Dépossédée de l'héritage de
ses parents conformément aux valeurs traditionnelles, elle
abandonne les études et devient revendeuse de pains salés.
Elle est déportée au Gabon comme bonne avec la complicité
active de Da Ayélé, mais aussi passive de ses parents adoptifs.
Au Gabon, elle subit des sévices corporels et autres mauvais
traitements. Elle sera violée lors de l'exercice de sa fonction
de bonne par un certain Gézo. Puis elle regagne Lomé grâce
au consul togolais au Gabon saisi par des femmes en provenance
de Lomé avec l'assistance des autorités judiciaires gabonaises.
De retour à Lomé, elle poursuit sa fonction de bonne et
fera l'objet des violations sexuelles successives. A la
suite d'un avortement traditionnel clandestin, elle succombe
et rend l'âme.
III. RESUME CHAPITRE PAR CHAPITRE
L'œuvre
comprend quatre chapitres, le Ghetto gabonais (chapitre
1), L'enfer familial (chapitre 2), Surprises du destin (chapitre
3), et l'Epilogue (chapitre 4).
A.
Résumé Chapitre 1 : LE GHETTO GABONAIS
Les parents d'Adjo décèdent. Elle est confiée à sa grand-mère
Da Gnagna qui vit au village. Adjo ne supporte pas la vie
du village et cherche à regagner Lomé. Elle abandonne alors
et se livre à la vente de pains salés. C'est alors qu'elle
tombe dans l'embuscade de Da Ayélé qui la trafique à Da
Yovo au Gabon. Elle mène une existence pénible et difficile
au Gabon. Elle subit des tortures et mauvais traitements
; surtout des sévices corporels pour des fautes négligeables.
Un jour elle fit l'objet d'un viol par le gardien Gézo dans
l'enclos où elle vivait avec ses camarades. Grâce à l'assistance
de certains de ses compatriotes venues de Lomé, elle rejoint
son pays natal le Togo avec le soutien bienveillant du consul
togolais au Gabon.
B.
Résumé Chapitre 2 : L'ENFER FAMILIAL
Adjo est de retour du Gabon. Elle est froidement accueillie
par son oncle Kokora. Elle est intégrée dans ladite famille.
Dès les premiers jours, Da Abra se montre très gentille
à son égard, mais change brusquement de comportement à la
suite d'une vilaine histoire. En effet, Da Abra avait transformé
son foyer en une véritable maison de tolérance. L'infidélité
et la débauche de Da Abra étaient de notoriété publique.
Elle se livrait aux ébats avec un certain cousin prénommé
Michel dès que son mari prenait le chemin du service. La
petite Adjo informa un jour son oncle après avoir surpris
Da Abra en fragrant délit. Depuis ce jour, la pauvre était
devenue l'ennemi numéro un de Da Abra qui cherche alors
à se débarrasser d'elle. Elle a manipulé son mari qui finit
par consentir du départ d'Adjo de leur foyer. La petite
Adjo trouve plutôt en ce départ, une délivrance des mauvais
traitements et sévices corporels (bastonnades, humiliations
etc.). Elle est transitée dans la famille de Da Amévi.
C.
Résumé Chapitre 3 : SURPRISES DU DESTIN
Dans
la famille de tante Amévi, Adjo continua sa vie de bonne.
Mais cette vie devient plus pénible et plus dure, car entourée
des personnes de mauvaise foi, d'insalubrité morale et d'insanité
totale d'esprit ; des comportements malveillants, retrogrades
et inhumains. Adjo fait l'objet des harcèlements sexuels
: elle est violée par Féçal, le fils aîné de Da Amévi, étudiant
de profession. Elle contracte une grossesse avec Babato,
le chauffeur de la famille de Da Amévi. Celui-ci la contraint
de faire un avortement tradition clandestin. Feçal quant
à lui, contracte la gonococcie. Après l'avortement, Adjo
retrouve son état de santé et vaque normalement à ses occupations
quotidiennes de bonne et de serveuse de maison. Mais un
certain Apé tomba amoureux d'elle et lui promet un mariage.
Avant son départ pour le Ghana, Apé remit une somme de 15.000
FCFA à Adjo pour sceller leur lien d'amitié. Babato est
licencié de son service pour faute professionnel. Feçal
a eu de nouveaux rapports sexuels avec Adjo qui tombe enceinte
une deuxième fois. Feçal exige un avortement. Cette fois-ci,
Adjo n'échappe pas à ce mauvais curetage traditionnel. Elle
en meurt.
D.
Résumé Chapitre 4 : L'EPILOGUE
Adjo
succombe à l'avortement traditionnel exigé par Féçal. Après
son décès, Féçal fait un mea-culpa à Pamela : " A l'heure
où je te parle, elle repose à côté de ses parents ". Agathe
s'était évanouie alors qu'elle balayait (page 127) Da Abra
divorce pour cause d'infidélité, disons plutôt de débauche.
IV.
LES PERSONNAGES DU ROMAN
Dans ce roman, nous pouvons retenir comme personnages :
Adjo, Féçal, Sisi, Da Ayélé, Da Abra, Apé, Babato, Da Amévi,
Da Yovo, Gézo, Afiwa, l'oncle Soky, l'oncle Kokoka, le cousin
Michel et Tassivi.
Adjo : C'est le personnage principal du roman. Elle a à
peine 15 ans. Elle manque d'expérience de la vie quotidienne.
Elle est naïve. Son éducation inachevée à la suite de la
mort de ses parents, elle fait les frais d'une société en
pleine mutation et décomposition très avancée. Elle est
violée par Gézo, puis par Féçal, et enfin par Babato. Elle
contracte deux grossesses successives. Faute d'éducation
appropriée, ses différents partenaires lui ont imposé des
avortements clandestins dont le dernier lui a coûté la vie.
Elle est le symbole même, voire le miroir des jeunes filles
qui abandonnent volontairement leurs études croyant qu'il
existe des voies et moyens sûrs pour gérer le reste de leur
vie.
Féçal : Ce personnage apparaît au deuxième chapitre de l'œuvre.
Il est étudiant de profession mais il y a une contradiction
entre sa formation et les actes qu'il pose. C'est le fils
de Da Amévi. Il est le prototype de certains étudiants inconscients,
étourdis et mal polis. Il est de surcroît un menteur, pire,
un criminel qui se livre à des avortements traditionnels
clandestins au lieu de s'occuper de ses études. C'est un
infidèle et coureur de jupon. A son âge, il contracte la
gonococcie. C'est un salaud ; un obsédé sexuel (page 96).
Da
Abra : Elle apparaît dans le deuxième chapitre. C'est l'épouse
de l'oncle Kokoka. On ignore sa profession. Mais elle doit
être une ménagère. C'est une méchante femme. Elle est menteuse.
Elle se livre à la débauche au sein de son foyer. Elle a
transformé le foyer de son mari en une maison de tolérance.
Elle se livre à l'amour sur le lit de son mari dès que celui-ci
prend la route pour le service. L'incivisme et l'incivilité
doublés de l'étourderie, caractérisent ce personnage de
l'œuvre. Elle est le symbole authentique et concret des
femmes de nos sociétés qui, on ne sait pour quelle raison,
font du plaisir sexuel leur principale activité. Elle divorce
avec son mari. On s'attendait à cette sanction suprême.
Nous lecteurs, nous ne sommes pas surpris de son démariage.
Ce comportement de Da Abra altère l'image de marque de certains
foyers et le comportement de certaines femmes qui, on a
l'impression qu'elles n'ont pas jouit d'une jeunesse conséquente.
La débauche véritable nœud gordien de notre société moderne,
altère la valeur du mariage, voire sa portée ; cet acte
noble pour des individus prétendument sérieux dans l'intérêt
bien compris de la famille et des enfants.
Da
Amévi : C'est une méchante femme. C'est la femme de l'oncle
Soky. Elle est le symbole de la nouvelle génération de femmes
qui se disent civilisées et ont horreur de leur traditions
et coutumes. C'est une menteuse de premier ordre et de première
classe. Elle est jalouse et haineuse.
Da
Yovo : Elle fait partie des nouvelles générations des femmes
en quête du gain facile. Elle se livre au commerce humain
pour s'enrichir alors que son pays d'origine recèle de richesses.
Au lieu de travailler et de gagner son pain à la sueur de
son front, elle préfère trafiquer les enfants des autres.
Elle nous pousse à dire, comme le dit Sembène Ousmane "
malheur à celui qui a créé l'argent ". Les femmes qui trafiquent
les enfants des autres comme si l'humanité les avait privé
des membres, doivent être châtiées sévèrement.
Gézo : Il est gardien de profession. Il apparaît au deuxième
chapitre. C'est un assassin, un criminel. Son travail est
de violer les enfants déshérités dont il a la charge au
Gabon. C'est un imbécile.
Babato
: Il apparaît au troisième chapitre. C'est un chauffeur
; mieux, c'est un commissionnaire de la famille d'Amévi.
Il est très proche de Féçal et de Gézo. C'est un étourdi,
un imbécile et un obsédé sexuel.
Michel : Il apparaît dans le deuxième chapitre. Il est répugnant
par son comportement, par son manque de civisme. Il est
le symbole de certains hommes qui viennent détruire les
foyers des autre en faisant du plaisir sexuel leur activité
favorite au moment où le maître de la maison accuse une
absence indépendante de sa volonté. Michel est un coureur
de jupon, un déstabilisateur des foyers conjugaux. Il est
séducteur, hypocrite et surtout cynique.
Apé
: Après son échec au BAC, il s'engage comme conducteur de
taxi moto communément appelé " Zémidjan ". Son souci est
de réunir un fond maximal pour suivre une formation professionnelle
au Ghana. Il est honnête et très intelligent. C'est le symbole
du courage. Il est un exemple d'une partie de la jeunesse
qui se bat pour son insertion sociale. C'est l'amoureux
d'Adjo. Il est très sympathique ; il est le seul qui a apporté
un minimum de soutien à Adjo en lui donnant une somme de
15.000 FCFA avant son départ pour Accra. C'est la seule
figure dans le roman semble-t-il, à être bienveillant à
l'égard d'Adjo.
L'oncle Soky : Il est le mari d'Amévi. C'est un ingrat car
la maison qu'il occupe appartient aux parents d'Adjo alors
que celle-ci était traitée comme une prisonnière dans cette
maison. Sisi : C'est la deuxième copine de Féçal. Elle se
livre à la débauche. Elle est effrontée. C'est un vecteur
de la gonococcie et autres MST, y compris même le SIDA.
(Page 104).
Tassivi
: C'est la première copine de Féçal. Elle est étudiante
et incarne les valeurs morales de la nouvelle civilisation.
Elle est la confidente d'Adjo. C'est une fille très sympathique,
mais elle manque une culture solide de la vie quotidienne.
(Page 40)
L'oncle
Kokora : C'est l'oncle d'Adjo. Il est ingrat lui aussi ;
il complice des malheurs qui arrivent à sa nièce Adjo.
Afiwa
: C'est l'un des enfants d'Amévi. Elle est également hypocrite.
V. LE THEME PRINCIPAL :
Le
travail des enfants déshérités et ses conséquences L'œuvre
parle du trafic des enfants et toutes les conséquences qui
en découlent. Nous dirons plutôt les inconvénients majeurs.
Cette nouvelle forme d'esclavage des enfants déshérités
est un véritable cri de détresse à l'égard des autorités
compétentes du monde entier en général, et particulièrement
de nos dirigeants africains en commençant par les autorités
gabonaises qui, selon nous, semblent être complices de ce
trafique honteux. L'auteur lance ainsi une mise en garde
sévère à l'endroit de ces autorités qui doivent prendre
des mesures de coercition pour éradiquer ce fléau qui déjà,
prend de l'ampleur dans notre sous région.
L'esclavage
est aboli, le trafic humain est hors commerce. Nos lois
et textes fondamentaux sont clairs et précis là-dessus.
Il faut donc dissuader ceux qui ce livrent à ce trafique
ignominieuse. Car l'humanité ne leur a pas privé des membres
pour travailler et gagner leur vie honnêtement.
Nous demandons expressément aux femmes béninoises et togolaises
d'arrêter ce trafic des enfants vers cette terre d'élection,
le Gabon. Cet appel va surtout aux femmes béninoises qui
se livrent à ce commerce. Au lieu d'apporter leur soutien
bienveillant à l'avènement d'une société démocratique et
à la promotion des droits de l'homme, elles sont devenues
des championnes de trafics d'enfants des autres. Quant aux
autorités du Bénin et du Gabon, nous leur demandons expressément
de redoubler d'efforts pour le bien être des enfants déshérités.
Nous sollicitons également l'assistance de toutes bonnes
volontés d'apporter leur soutien et appui aux différentes
autorités en vue de démanteler les réseaux mafieux et obscurs
de ce trafic. Car l'Afrique est très riche pour qu'on puisse
se livrer à un tel ignoble et avilissant acte qui compromet
l'intérêt et le bien être non seulement de nos enfants,
mais aussi l'humanité toute entière.
VI.
LES THEMES SECONDAIRES
Autour du thème principal qui est l'esclavage des enfants,
gravitent d'autres thèmes.
A.
Thème 1 : De l'infidélité à la débauche
Dans
l'œuvre, le jeune BOUTORA-TAKPA touche du doigt l'un des
problèmes de nos foyers et de notre société. Il s'agit de
l'infidélité. Certaines femmes ont transformé leur foyer
en Night Club. Elles se livrent à des prostitutions à telle
enseigne que le terme d'infidélité ne saurait leur convenir.
Nous sommes écoeurés de voir celles qui ont la charge de
nos enfants, relèves de demain, se livrer à de tels actes,
ignorant leur rôle de pédagogues et d'éducatrices. Car le
citoyen de demain dépend de la femme d'aujourd'hui. On se
demande alors quelles seront la valeur et l'éthique de nos
futures sociétés ? Il est vrai qu'aucune créature humaine
n'est parfaite. On peut certes transgresser certaines règles
du foyer, c'est-à-dire être infidèle, mais se livrer à la
débauche alors qu'on est légalement marié, est un comportement
immoral qui relève du caractère primitif. Ces femmes qui
en font leur vertu comme Da Abra et Sisi à travers l'œuvre,
doivent se ressaisir. Car les conséquences de ce comportement
sont multiples : enfants indésirables, adultérins. Il en
existe des plus sévères et plus graves pour l'humanité suite
à l'évolution de la technique sans oublier les mœurs qui
frappent nos sociétés modernes. Ces femmes sont de véritables
nids de toutes sortes de maladies, à commencer par les MST
et surtout le SIDA qui ravage actuellement l'humanité et
que les africains doivent doubler d'efforts pour combattre
en commençant par la fidélité dans les relations sexuelles.
B.
Thème 2 : Malheur à celui qui a inventé l'argent
" Malheur à celui qui a inventé l'argent ". C'est Sembène
OUSMANE qui s'exprimait ainsi à dans son œuvre " Le mandat
". Une pensée très réaliste. L'argent c'est le nerf de la
vie. Tous les moyens sont utilisés de nos jours pour en
acquérir. Certains se livrent au trafic de drogues, d'autres
préfèrent le plus vieux métier de ce monde : la prostitution.
D'autres encore animés d'intentions malveillantes, se braquage
systématique des biens et des personnes. Chez nous les nègres,
l'Etat étant une source d'enrichissement illicite, on vole
les suffrages du peuple pour accéder à la magistrature suprême.
A défaut, on se rebelle contre les institutions républicaines
pour y parvenir, véritable raccourci immoral. A cela, il
faut ajouter le démantèlement sauvage de nos textes républicains
et autres lois fondamentales pour ad vitam eternun. Comme
on dit communément, le mouton broute là où il est attaché,
certains de nos femmes se livrent au commerce des enfants,
un acte abject et immoral pour s'enrichir. Da Yovo dans
l'œuvre Le journal d'une bonne
en est une figure concrète.
L'argent,
c'est le démon de nos sociétés. " Je suis très bête et ignorant
comme le disais Karl Marx, mais l'argent étant le plus vénéré,
je deviens d'emblée le plus intelligent de tous.
C.
Thème 3 : Le journal d'une bonne, un véritable outil de
sensibilisation contre le SIDA
Presque
tous les personnages du roman ont contracté les MST mais
aussi le SIDA. C'est Feçal et Sisi qui en sont le symbole
dans l'œuvre. Tassivi quant à elle, exigeait à Feçal l'usage
régulier des préservatifs. Bien sûr, pour éviter les grossesses
indésirables, mais surtout pour se prémunir contre le SIDA,
ce monstre qui ravage nos sociétés africaines en particulier.
Feçal se croyait le plus malin. Il a été contaminé. Il en
est de même pour Sisi et Tassivi.
Le
jeune BOUTORA-TAKPA apporte sa modeste contribution à la
lutte contre cette pandémie qu'est le SIDA car selon les
statistiques du Fond Mondial, l'Afrique est sérieusement
touchée. On avoue sans hésitation que d'ici vingt ans, certains
Etats comme le Malawi et le Botswana n'existeront plus,
à moins qu'on agisse avec tact et rigueur dans ces pays
frères.
L'auteur du Journal d'une bonne attire
l'attention de nos dirigeants sur ce fléau du siècle. Les
enfants déshérités en sont les plus exposés. Observer le
nombre de partenaires de la pauvre Adjo. Une pluralité d'amants.
La lutte doit être renforcée et consolidée. Déjà, il existe
un fond mondial de lutte contre le SIDA, une œuvre des pays
du Nord, dont les pays africains sont largement bénéficiaires.
Nous estimons pour notre part que les africains doivent
se prendre en charge pour la lutte contre le SIDA. Des fonds
doivent être créés dans chaque Etat. Avec des prélèvement
obligatoires sur tous les contribuables.
Comme le dit bien le Reggae Man ivoirien Alpha Blondy, il
serait réaliste que nos dirigeants que nous autres, nous
appelons nos princes, sacrifient un mois de leurs salaires
pour sauver la vie de leurs compatriotes. C'est aussi là
un sens aigu du patriotisme et de la vraie responsabilité
, mais aussi le fondement même de la souveraineté d'un Etat.
Souveraineté en " dehors ", souveraineté en " dedans ".
L'humanité est en dérive. Et il faut la sauver ; au lieu
de se doter des armes et se livrer par la suite à de sales
guerres inopportunes et fratricides.
Présenté par NALIALI Benjamin Juriste (Côte d'Ivoire)
Email
: bendalloz@yahoo.fr |