| Lycée
de Hédjranawé Mars 2003

LA PROBLEMATIQUE DE L'EXPLOITATION DES ENFANTS EN AFRIQUE
Introduction
L'exploitation
des enfants : entendez, le travail et le trafic des enfants
est un thèmes qui est toujours d'actualité. Cette pratique
comme vous le savez, se manifeste aussi bien sur le plan
national qu'international, et engage de ce point de vue
les individus que les États.
Le
phénomène tel qu'il se présente est, faut-il le rappeler,
une pratique attentatoire aux libertés humaines qui va à
l'encontre du droit international en matière de scolarisation,
de protection juridique et sociale des enfants qui sont
les principales victimes du fléau.
Au
plan régional et sous-régional, le trafic des enfants a
pris des formes variées, à la fois urbaines et rurales.
Elles sont observées pour la plupart dans les pays d'Afrique
de l'Ouest et du Centre ou le phénomène a pris des proportions
assez inquiétantes ces dernières années.
L'analyse
du phénomène dans la plupart de ses manifestations (I) démontre
qu'il s'agit d'un grave fléau dont les impactes néfastes
sur le développement de nos sociétés (II), doivent nous
amener à engager des moyens de lutte (III).
I/
LA MANIFESTATION DU PHENOMENE DE L'EXPLOITATION DES ENFANTS.
Ici,
nous nous intéresserons à deux aspects à savoir : les causes
du Phénomène (A) et ses principaux acteurs (B).
A.
Les causes de l'exploitation des enfants.
Au
nombre des causes principales du fléau, vous l'avez deviné
sans doute, la pauvreté (a) d'une part, et de l'autre, la
recherche d'une main d'œuvre enfantine bon marché (b).
a/ La pauvreté
La première observation est que le niveau élevé de la pauvreté
dans les régions impliquées, constitue la cause principale
de l'exploitation des enfants. Au Togo, et dans les localités
de l'intérieur qui sont pourvoyeurs d'enfants livrés au
trafic, des parents échangent leurs enfants contre un vélo,
ou une radiocassette. Certaines familles béninoises installées
au Gabon depuis les années 70, vivent exclusivement de l'exploitation
des enfants comme seul moyen de survie. Dans la même logique,
s'ajoute à cette première cause, la recherche d'une main
d'œuvre bon marché.
b/
La recherche d'une main d'œuvre enfantine bon marché.
La
recherche d'une main d'œuvre bon marché fait l'objet d'un
trafic international ; car l'exploitation des enfants est
une activité lucrative qui rapporte des revenus confortables.
Et ce genre de commerce fait vivre les bourreaux. Le vrai
danger, est que l'on en vienne à instrumentaliser les enfants
de manière à en faire des soutiens de famille. Aujourd'hui
les principaux acteurs de ce fléau sont bien connus.
B/
Les acteurs
Au
plan urbain, ont distingue les foyers qui de plus en plus
font recours aux domestiques ou aides ménagères. A ceux-ci
s'ajoutent les intervenants du secteur informel qui exploitent
ces enfants à des fins commerciales (le plus souvent comme
portefaix).
Au
plan rural, on note l'exploitation des enfants à des fins
de rentabilité agricole.
Selon
des études menées par l'UNICEF, on distingue au plan étatique,
des pays "pourvoyeurs" d'enfants ; c'est l'exemple du Togo,
du Bénin, du Burkina-Faso, et du Mali. Nous avons en outre
des pays "transitaires" tels que le Cameroun et la Guinée
Équatoriale, et des pays "récepteurs" tels que la Côte-d'Ivoire,
le Nigeria et surtout le Gabon. ..
En
fait, tout cela est rendu possible grâce à des réseaux puissants
et bien organisés qui disposent de passeurs aussi bien dans
les pays pourvoyeurs que ceux désignés comme des pays transitaires
ou récepteurs. D'après des enquêtes réalisées sur le terrain,
les tuteurs ou bourreaux peuvent amasser de 100 à 200 OOOFcfa
par enfant et par mois.
II/
Les impactes de l'exploitation des enfants.
Le
phénomène de l'exploitation des enfants génère en toile
de fond un certain nombre de problèmes, tel la maltraitance
des enfants, les abus sexuels, la non-scolarisation, le
développement des déviances sociales chez les enfants victimes.
Et n'oublions pas que quand on parle d'enfant, on parle
de la relève de demain.
Mais
l'aspect le plus inquiétant est que la population féminine
est dominante parmi les enfants victimes. Et ce sont des
femmes adultes qui sont les grandes animatrices de ces réseaux.
D'après certaines observations, la prépondérance des filles
exploitées vient du fait qu'elles sont plus dociles, souvent
illettrées, mais sachant compter, et respectueuses de tradition.
Quand elles atteignent l'âge de la puberté, elles peuvent
se fondre dans un réseau de prostitution soutenu par leur
tuteur. Ou encore, celles qui émergent du lot par leur qualité
de travailleuses, peuvent être sollicitées pour un mariage.
III/
Les moyens de lutte contre le fléau.
Face
aux ravages du fléau, des actions aussi bien directes qu'indirectes
ont été menées :
Les
actions directes concernent entre autres l'engagement des
gouvernements impliqués à lutter contre le phénomène. Au
nombre de ces actions figurent l'adoption de nouvelles dispositions
législatives. Celles-ci visent à protéger ces enfants et
prévoient la condamnation par les tribunaux des personnes
qui maltraitent les enfants, et le rapatriement des mineurs
lorsqu'ils sont immigrés. Il faut ajouter à ces actions,
celles des Organisations internationales tel que l'UNICEF
et l'OIT qui s'appuient sur les principes définis par la
convention des droits de l'enfant. Entre autres, elles privilégient
la sensibilisation du public, la promotion de l'éducation
et la mise en place de services médicaux et de soutien psychologique
pour les enfants traumatisés par ces expériences. Cependant,
l'OIT s'est résolument engagée à lutter contre le fléau
surtout dans les pays comme le Bénin, le Burkina Faso, le
Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Mali, le Nigeria
et le Togo. Enfin, les actions indirectes concernent la
sensibilisation douce d'initiative individuelle dont entre
autres, la création d'œuvres d'art ou de littérature sur
le phénomène. Donc la présente assise s'inscrit dans ce
type d'action ou personnellement, les réflexions menées
sur le phénomène m'ont poussé à entreprendre une aventure
qui a donné naissance à un roman que certains parmi vous
ont déjà lu et dont le titre est Journal d'une bonne. |