| Genèse
" J'ai écrit pour satisfaire un sentiment de
révolte suscité par deux expériences
traumatisantes. Un premier choc est intervenu suite à
la rencontre avec une adolescente du quartier qui avait
été arrachée de justesse à un
réseau de trafiquants d'enfants. La jeune adolescente
qui avait été recueillie chez un ami, avait
presque perdu la parole au point de devenir très
méfiante de son entourage. Je m'étais à
peine remis de cette choquante expérience, lorsque
je découvris quelques mois après sur mon chemin
non-loin de mon domicile, une fillette méditant sa
souffrance sous une grosse poubelle qu'elle avait du mal
à vider par la seule force de ses frêles biceps.
Grand fut encore mon désarroi lorsque je remarquai
que cette dernière ne demandait de l'aide à
personne, pas même à un seul passant. Je fus
touché et consterné face à la détresse
de cette fillette qui semblait être trahie par toute
une société. Ce jour là, j'eus envie
de faire parler ces 'enfants sans voix '. Mais je n'étais
encore qu'un étudiant qui s'efforçait de survivre
avec ses maigres droits successoraux. En faisant une introspection
par la suite, j'ai compris que mon sentiment de révolte
était né du fait que j'étais moi-même
orphelin de père, et que dans ma société
il suffisait parfois de perdre un parent pour se voir déshérité
et spolié de tout. Le sort de ces pauvres enfants
pouvait donc être le mien. Mais pour surmonter mon
inexpérience d'alors et la résignation presque
collective et complice de ma société, j'ai
décidé d'écrire un roman dans lequel
j'allais concentrer dans un seul personnage, toutes les
misères et mésaventures vécues çà
et là par ces enfants déshérités,
à travers une technique de récit imaginée
en la forme d'un journal intime personnifié ".
" J'avais cru en commençant l'œuvre, que
mon personnage Adjo allait survivre aux événements.
Je ne me suis rendu compte de son probable décès
que lors des cinq dernières séances d'écritures.
Me refusant cette dure réalité, j'ai reporté
et repoussé à plusieurs reprises les dernières
séances jusqu'au jour où je me décidai…
"

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